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TOUT SUR L’ALGERIE .Investissement: les entreprises françaises menacent de quitter l’Algérie

L’évolution des condi­tions d’investissement et de pré­sence des groupes étran­gers en Algé­rie inquiètent le patro­nat fran­çais. Le 26 mars der­nier, le Medef (Mou­ve­ment des entre­prises de France) a tenue une réunion à Paris sur le cli­mat des affaires en Algé­rie. « La com­mu­nauté d’affaires en Algé­rie est vrai­ment inquiète », a confié un par­ti­ci­pant à cette ren­contre, cité par une publi­ca­tion spé­cia­li­sée fran­çaise, MOCI news. Après ces chan­ge­ments, les socié­tés d’importation fran­çaises implan­tées en Algé­rie risquent de se reti­rer de ce pays et « pour­raient déci­der de réex­por­ter en Algé­rie à par­tir d’un autre ter­ri­toire », pré­cise l’interlocuteur de MOCI news.

Parmi les mesures décriées par les inves­tis­seurs fran­çais : la déci­sion de l’Algérie de gar­der la majo­rité du capi­tal dans tous pro­jets d’investissement impli­quant des étran­gers, mais sur­tout l’instruction du gou­ver­ne­ment obli­geant les socié­tés expor­ta­trices étran­gères (plus de 1.700 entre­prises concer­nées) à accueillir à hau­teur de 30% des par­te­naires algé­riens. Ces mesures ont déjà fait réagir le pré­sident de la Chambre fran­çaise de com­merce et d’industrie en Algé­rie (CFCIA), Michel de Cafa­relli. Il a adressé le 11 mars une lettre au pre­mier ministre Ahmed Ouya­hia. Cette ini­tia­tive de pro­tes­ta­tion fran­çaise a été menée conjoin­te­ment avec la Chambre amé­ri­caine de com­merce en Algé­rie, selon des sources françaises

Le 26 mars à Paris, cer­tains par­ti­ci­pants pré­sents à la réunion du Medef avaient évoqué un pos­sible retrait de « la mesure des 30 % » après les élec­tions pré­si­den­tielles du 9 avril. Mais d’autres pré­sents, plus pru­dents, ont estimé un tel chan­ge­ment peu pro­bable. Ils ont milité pour une action com­mune de tous les pays tou­chés pour ame­ner le gou­ver­ne­ment algé­rien à amoin­drir la por­tée de ces mesures. En atten­dant d’y voir plus clair, plu­sieurs groupes fran­çais ont gelé leurs inves­tis­se­ments en Algé­rie et cer­taines entre­prises comme Bouygues et Cete­lem ont décidé de remettre en cause leur pré­sence dans le pays.

En fait, la fronde des patrons fran­çais ne date pas d’aujourd’hui. Selon des sources proches des milieux d’affaires natio­naux, elle n’est pas tota­le­ment liée aux récentes mesures concer­nant l’investissement étran­ger et le com­merce exté­rieur. Les entre­prises fran­çaises boudent déjà depuis plu­sieurs mois les appels d’offres algé­riens, notam­ment dans le bâti­ment et les tra­vaux publics. « Lorsqu’ils par­ti­cipent, les Fran­çais retirent leurs offres avant l’ouverture des plis pour des rai­sons sou­vent inex­pli­quées », regrette un haut res­pon­sable algé­rien. Les entre­prises fran­çaises avaient déjà quitté l’Algérie au début des années 1990 pour des rai­sons de sécu­rité et sont reve­nus en force au début des années 2000, avec le recul du terrorisme.

Par rafik tad­jer, le 2009-04-07

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